Nos exigences
Nous avons vu que brûler du bois génère du CO2, et le principe des centrales à biomasse consistant à brûler du bois pour générer de l’électricité, ces centrales rejettent beaucoup de CO2. Notamment en raison des faibles rendements des centrales (seule l’énergie de 2 à 3 arbres sur 10 brûlés est réellement transformée en électricité, le reste est perdu en chaleur), la production d’électricité par biomasse solide émet 50% de plus de gaz à effet de serre que les centrales à charbon, ces dernières étant pourtant largement décriées pour leurs impacts climatiques. Environ 1,5 kilogramme de CO2 est relâché pour chaque kWh (kilowatt-heure) produit, ce qui fait des centrales électriques à biomasse ligneuse le mode de production électrique le plus émetteur de gaz à effet de serre qui soit (le charbon émet de l’ordre de 1 kgCO2/kWh, le pétrole de l’ordre de 0,7 kgCO2/kWh et le gaz est aux alentours de 0,5 kgCO2/kWh). C’est d’ailleurs pour cette raison que dans l’Union Européenne, il est interdit d’utiliser du bois pour produire seulement de l’électricité (interdiction qui ne concerne pas les territoires ultramarins sous le coup d’une dérogation spécifique).
Faut-il pour autant condamner l’intégralité des centrales électriques en Guyane ? Sur le territoire, des forêts sont abattues chaque année et beaucoup de bois est pour l’instant brûlé ou abandonné à l’air libre. Le changement d’usage des sols, les émissions de carbone et les atteintes à la biodiversité sont donc potentiellement déjà présentes. Aussi il convient d’examiner au cas par cas les impacts, pour chaque sources d’approvisionnement pour les centrales à biomasse énergie.